Perspectives de succession en Libye - Consulting-Studies.com

adminNovember 12, 20205min
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Malgré le report de la démission du Premier ministre Fayez al-Sarraj, les candidats au poste continuent de se positionner. Avec le risque d’être déçus, car l’hypothèse de son maintien au titre de président honorifique se renforce.

Les candidats à la succession de Fayez al-Sarraj devront encore ronger leur frein. Le Premier ministre du gouvernement d’union nationale (GUN) a déclaré deux jours avant la date butoir de son départ, qui était prévu pour le 31 octobre, qu’il annulait sa démission. Fayez al-Sarraj a conditionné sa démission à la constitution d’un nouveau Conseil présidentiel et à l’issue des discussions de sortie de crise. Cette décision a été appuyée en amont par les chancelleries allemande, italienne et américaine, mais aussi par Ankara, parrain du GUN.

En coulisses, une hypothèse fait son chemin : Fayez al-Sarraj pourrait rester président à titre honorifique jusqu’aux prochaines élections. De plus, selon le spécialiste de la Libye Emad Badi, l’homme conserve un atout majeur, car, « face à l’évolution du conflit, il est aujourd’hui difficile de trouver une personnalité comme celle de Fayez al-Sarraj qui offrait une figure de compromis ».

Annoncée le 16 septembre, la démission de Fayez al-Sarraj devait ouvrir la voie à une sortie de crise politique, après plus d’un an de conflit entre les forces du gouvernement de Tripoli et celles du général Khalifa Haftar. Son retrait devait permettre de donner des gages à la population, exténuée par les ravages de la guerre et par la corruption des pouvoirs en place. Malgré ces hypothèses, il a revenu sur la décision dans le contexte de l’armistice conclu le 23 octobre sur l’entier terrtoire de la Libye.

Si d’un côté les plans de succession en ce qui concerne le GUN ne sont pas les plus cohérentes, d’autre côté, le maréchal Khalifa Haftar a aussi des perspectives de succession pour ses fils. Bien que marginalisé après ses revers militaires de juin en Tripolitaine, le maréchal prépare ses fils à prendre la relève.

Longtemps son ennemi le plus acharné après avoir été son frère d’arme et de révolution, le maréchal semble suivre les pas du « Guide » Mouammar Kadhafi.

Goût pour les uniformes chatoyants et les titres ronflants, adepte de la manière forte, conviction d’être l’élu du destin pour le salut la Libye… l’homme fort de l’est libyen rejoint aussi son ex-camarade de l’Académie militaire de Benghazi dans son rapport à ses fils, à qui il a octroyé des places privilégiées au sein de ses appareils de pouvoir, en créant les premises pour établir une dynastie.

Si l’impétueux Siddik, l’influent Khaled et le féroce Saddam font parfois parler d’eux, au moins trois autres de ses huit rejetons — il en a eu autant que Kadhafi — jouent, plus discrètement, un rôle considérable aux côtés du patriarche de 76 ans.

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